AccueilJFPL’innovation à l’ère de l’expérience : un peu du CES 2018 avant l’heure

L’innovation à l’ère de l’expérience : un peu du CES 2018 avant l’heure

  • Publié le 21/12/2017
  • Plongée au cœur du futur cette semaine grâce à une soirée organisée par Dassault Systèmes autour de son 3D Experience Lab. Cela a été l’occasion de découvrir une vingtaine de start-up, pour la plupart françaises, ayant des visions novatrices autour de la vie, de notre confort et de la ville. Certaines d’entre-elles seront d’ailleurs présentes lors du CES 2018 à Las Vegas début janvier.

    « Les start-up que vous verrez ce soir ont utilisé notre approche 3D pour développer plus rapidement et de manière collaborative des projets qui vont, chacun dans leur domaine, transformer notre société », a expliqué en préambule Frédéric Vacher, responsable de la prospective et de l’innovation ouverte chez Dassault Systèmes.


    EEL Energy a développé des prototypes d’une machine transformant l’énergie cinétique des vagues en électricité (Cliquez pour agrandir)

    Et des projets novateurs, nous en avons vu un certain nombre qui ont comme dénominateur commun d’utiliser les mondes virtuels pour inventer des solutions durables. Si certains projets sont encore en phase de développement, certain ont déjà franchi le pas de la commercialisation de leurs premiers produits et rencontré le succès. Voici ce qui nous a interpelés.

    Une vingtaine de start-up

    Parmi les start-up ayant déjà rencontré le succès Syos (Shape your own sound) (www.syos.co/fr/) est l’une des plus intéressantes. Elle développe depuis mi-2016 des becs de saxophones sur-mesure. « Nous avons combiné l’expertise de quelques grands artistes, avec notre expérience en mécanique des fluides pour modéliser le passage de l’air dans le bec de l’instrument, ce qui en conditionne son comportement acoustique », explique Pauline Eveno, co-fondatrice de l’entreprise. « Nous pouvons maintenant proposer aux artistes confirmés des becs sur-mesure leur permettant de tirer la quintessence de leur instrument, ou aux amateurs chevronnés des becs leur permettant de jouer ‘‘à la manière de’’ ». Le tout rapidement et à faible coût, puisque qu’un algorithme traduit rapidement le vocabulaire qu’utilise le musicien pour décrire le son dont il rêve, en une géométrie qui est ensuite imprimée en 3D.

    Tout autre domaine avec BioModex (www.biomodex.com/) qui propose des outils d’aide à la décision pour les chirurgiens intervenant sur des maladies cardiovasculaires, notamment dans le cerveau. « Une IRM sert à créer un modèle 3D du réseau vasculaire à opérer et une impression 3D. Le modèle numérique couplé à Simulia permet d’envisager différentes options d’intervention, tandis que le modèle imprimé, placé dans un support recréant les conditions de pression et de débit dans le réseau, permet au chirurgien de s’entrainer à manier les endoscopes avant de pratiquer l’intervention réelle, qui sera alors plus rapide et plus efficace », explique Thomas Marchand, CEO de la start-up.

    Notons que Digital Orthopaedics  a développé une approche similaire dans le domaine de la chirurgie orthopédique, notamment dans le cas complexe des articulations. « Une véritable avancée quand on sait que ce genre d’intervention n’a actuellement que 15 % de taux de réussite », précise Eric Halioua, l’un des co-fondateurs.

    Toujours dans le domaine médical, Ilumens (ilumens.fr) est un centre de simulation lié à l’Université de la Sorbonne, qui utilise les nouvelles technologies pour former plus efficacement le personnel médical.

    De la terre à la lune

    DARS  nous propose de prendre un peu d’altitude avec un drone aérostatique rigide solaire, qui a donné son nom à la société. Il s’agit d’un ballon à hélium à propulsion électrique alimenté par des cellules photovoltaïques. « L’usage de la 3D nous a permis d’optimiser l’aérodynamique de notre drone de 15 kg de charge utile, afin de lui assurer une opérabilité avec une bonne stabilité jusqu’à des vents de 65 km/h », dévoile Eric Lopez, fondateur de la société.

    Autre drone, celui de XSun (www.xsun.fr) reconnaissable entre mille grâce à son architecture originale, utilisant deux ailes placées en tandem. « L’un des avantages de ce type d’architecture est de disposer d’une grande surface pouvant être recouverte de cellules photovoltaïques, ce qui apporte une grande autonomie », assure Benjamin David, le fondateur de la start-up.

    Détour par l’espace avec Zero 2 Infinity (www.zero2infinity.space/) qui propose avec Bloostar un concept original de plate-forme de lancement de petits satellites. « C’est un ballon stratosphérique qui emporte le satellite à la limite du vide intersidéral. Le lancement nécessite alors de petits moteurs et beaucoup moins d’énergie, ce qui réduit considérablement les coûts », affirme José Mariano Lopez Urdiales, CEO de la start-up basée en Espagne.

    Energie : du micro au méga

    Dracula Technologies (www.dracula-technologies.com) apporte la lumière à vos produits, puisque la start-up a développé un procédé d’impression de cellules photovoltaïques organiques souples capables de générer de l’électricité en faible lumière ambiante. Il est possible d’intégrer ces cellules souples à n’importe quel produit. « A titre d’exemple voici un sac à dos souple où le logo de la marque alimente en toute discrétion un chargeur USB », montre Brice Cruchon, l’un des deux fondateurs.

    Autre spécialiste de l’énergie, EEL Energy, qui a développé des prototypes de laboratoire au 1/20e puis au 1/6e d’une machine transformant l’énergie cinétique des vagues en électricité. Il s’agit d’une sorte de drapeau horizontal qui faseye dans un courant maritime. Chacun des petits éléments le constituant est relié à ses voisins par des récepteurs, sorte de vérins électriques, dont les mouvements génèrent de l’électricité. « Un tel système de 15 m au carré permettrait de générer 1 MW dans un courant de 2,5 m/s », assure Grégoire de Laval, directeur du développement de la start-up.

    Lutter contre l’obsolescence

    L’increvable (lincrevable.com/fr/) met en avant l’éco-conception pour lutter contre l’obsolescence programmée des produits grand public. « Nous avons notamment examiné les causes de panne les plus fréquentes sur un lave-linge et reconçu les parties incriminées dans une optique de durabilité et de réparabilité à moindre coût », explique Julien Phedyaeff, l’un des co-fondateurs. Par contre, de là à se lancer dans la fabrication d’électroménager contre les grands groupes industriels vivant de l’obsolescence programmée de leurs produits … j’ai un doute. Mieux vaudrait peut-être leur proposer des services d’éco-conception pour compléter leurs gammes avec des modèles ‘‘increvables’’.

    En route pour Las Vegas

    Comme on a pu le constater ce fut un véritable bouquet de fraicheur dans le monde de l’innovation. Ce qui a permis à Bernard Charlès, vice-chairman et CEO de Dassault Systèmes, d’insister sur le rôle de la 3D Experience. « Cette approche change radicalement les modes d’innovation en partageant et en mélangeant les technologies et les sciences, et en rendant les futurs produits palpables par leurs futurs utilisateurs. C’est ce qui permet aujourd’hui de redynamiser l’innovation en France et d’aboutir à des projets de classe internationale créateurs d’emplois ».

    D’ailleurs Dassault Systèmes accueillera sur son stand du Consumer Electronic Show – CES 2018 (www.ces.tech), qui se tendra à Las Vegas du 9 au 12 janvier, un certain nombre de start-up faisant partie de son 3DExperience Lab et du programme Solidworks for Entrepreneurs (Digital Orthopaedics, EEL Energy, Leka, L’increvable, Dracula Technologies, Perseus Mirrors, SYOS et XSun). Leurs représentants y expliqueront en détail comment les écosystèmes technologiques collaboratifs permettent d’élaborer et de déployer de nouveaux concepts dans des secteurs ciblant le grand public.

    La French Innovation va débarquer en force à Las Vegas !

    Jean-François Prevéraud

    Pour en savoir plus : 3dexperiencelab.3ds.com/