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La Tour Eiffel au cœur d’une maquette numérique géante

  • Publié le 15/05/2018
  • C’est sous les ors des salons de réception de la Mairie de Paris que j’ai découvert cette semaine le projet Grand Site Tour Eiffel : découvrir, approcher, visiter. Il s’agit ni plus ni moins que de réaménager l’espace du site historique de la Tour Eiffel, sur près de 54 ha : de la place du Trocadéro à l’Ecole Militaire en passant par le Champs de Mars et ce entre Bir-Hakeim et l’Alma. Un projet représentant un budget de 40 M€, financé par la Ville de Paris.

    « C’est une nécessité car si ce symbole de Paris accueille 6 millions de visiteurs par an, ses abords voient passer 20 millions de touristes par an venus admirer cette perspective monumentale, ce qui ne se fait pas sans un certain nombre de dysfonctionnements », a expliqué lors d’une conférence de presse Jean-Louis Missika, Adjoint à la Maire de Paris, chargé de l’urbanisme, de l’architecture, du projet du Grand Paris, du développement économique et de l’attractivité. « Ceux-ci sont de plusieurs ordres : il faut améliorer le partage de l’espace aux pieds de la Tour Eiffel, entre les activités commerciales et les différents flux de circulation ; réduire les files d’attentes de touristes souhaitant visiter la tour ; améliorer leur confort et leur sécurité… Mais au-delà de l’amélioration de l’accueil des touristes, c’est donc un véritable projet d’aménagement de l’espace urbain qu’il fallait mener pour améliorer la gestion des flux. C’est ainsi que nous sommes arrivés à cette approche de type Grand Site, qui est devenu le sujet de ce concours d’architecture ».

    Ce grand projet va devoir prendre en compte la spécificité de ce lieu mondialement connu, qui comporte une colline, Chaillot, un fleuve, la Seine et une immense plaine arborée, le Champ de Mars. Outre les aspects touristiques et paysagers, il va falloir tenir compte des habitants vivant et travaillant dans cette zone, tout en redonnant l’envie aux parisiens de venir se promener dans ce lieu trop souvent considéré comme &loqua réservé &roqua aux seuls touristes. Enfin, il devra être compatible avec le statut de futur site olympique pour les Jeux d’été de 2024.

    « La procédure de concours que nous avons retenue favorisera le dialogue tout au long du projet entre le maitre d’ouvrage que nous sommes et les maitres d’œuvre sélectionnés, afin de répondre aux problèmes qui peuvent se faire jour et préciser nos intentions. Nous ne sommes pas à la recherche d’un geste architectural, car il est déjà là depuis près de 130 ans, mais d’une approche urbaine et paysagère empreinte d’un devoir de modestie ».


    Une maquette numérique d’une ampleur exceptionnelle avec un très haut niveau de réalisme et une très grande précision.
    Doc : Mairie de Paris et Autodesk
    (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

    « En effet, la bonne idée aurait pu être de créer un grand espace sous-terrain, comme au Louvre, pour permettre aux visiteurs de mieux patienter avant d’accéder à la Tour Eiffel, tout en étant à l’abri des aléas climatiques, de l’ennui grâce à des services et de la petite délinquance », a complété Jean-François Martins, Adjoint à la Maire de Paris, chargé de toutes les questions relatives au sport, au tourisme, aux Jeux Olympiques et Paralympiques. « Mais qu’il serait dommage d’enterrer les visiteurs alors qu’ils sont venus voir la Tour Eiffel, d’autant plus que cela pourrait créer des désordres dans les terrains nuisant à la stabilité de l’édifice ».

    Avec ce projet, la Ville de Paris, a pour ambition de rendre la visite du site plus agréable et accessible à tous, de proposer davantage de services tout au long du parcours, mais aussi une offre culturelle permettant de redécouvrir la richesse historique et patrimoniale du site. Pour cela, il s’agira notamment d’améliorer la qualité des cheminements piétonniers depuis les transports en commun, mais aussi l’orientation et l’information.

    4 finalistes et une maquette numérique au cœur du projet

    Parmi les 42 candidats ayant répondu à ce concours, les 4 équipes retenue pour la finale l’on été à la fois sur leurs compétences en matière paysagère et leurs capacités à travailler collectivement autour de ce patrimoine historique.

    Les quatre candidats retenus

    Parmi les 42 projets présentés 4 ont été retenus pour la phase finale. 2 sont menés par des paysagistes et 2 par des architectes.

    – Agence TER – http://agenceter.com/
    – Gustafson Porter + Bowman – http://www.gp-b.com/
    – Amanda Levete Architects – https://www.ala.uk.com/
    – KOZ Architectes – http://www.koz.fr/indexhibit/

    Pour en savoir plus sur les finalistes, cliquez ici.

    Les 4 équipes sélectionnées ont maintenant un an pour dialoguer et approfondir leurs projets en lien avec les services de la Ville de Paris. Le choix final sera annoncé au printemps 2019, tandis que les travaux se dérouleront sur la période 2021/2023, afin d’être finalisés pour les Jeux Olympiques d’été de 2024.

    La grande originalité de ce concours réside dans le partenariat mis en place entre la Ville de Paris et Autodesk pour créer une maquette numérique de grande qualité de toute la zone concernée. Cette maquette sera fournie aux 4 équipes retenues, afin qu’elles puissent s’en servir pour conceptualiser leur projet, en prenant en compte l’environnement urbain exact, et y insérer leurs propositions. C’est sur ces maquettes, permettant de visualiser de manière comparable les différents projets, que le choix de l’équipe gagnante sera fait, en suivant notamment les parcours visiteurs envisagés.

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    Survol de la maquette numérique du quartier de la Tour Eiffel. Doc Autodesk.

    « Nous sommes heureux que nos technologies 3D ainsi que notre savoir-faire dans le domaine du BIM (Building Information Modeling) puisse être utilisés au cœur de ce projet d’amélioration de l’espace autour de la Tour Eiffel », s’est réjouie Karen Weiss, responsable senior de la stratégie pour l’infrastructure chez Autodesk. « C’est la première fois qu’un modèle urbain aussi complet et précis de la zone de la Tour Eiffel, comprenant les bâtiments, les routes et les infrastructures, les zones piétonnes, les ponts, le mobilier urbain et les espaces verts environnants, a été réalisé dans le but de pouvoir y créer des expériences immersives ».

    Elle a ensuite détaillé les moyens mis en œuvre pour réaliser la maquette numérique de tout le quartier. Des équipes ont parcouru et survolé à l’aide de drones la zone pour réaliser un mappage précis des 2,4 km² du site. Elles ont utilisé des relevés par LiDAR (télédétection par laser) permettant de générer 194 blocs de nuages de points, ainsi qu’une photographie aérienne précise entre 2 et 5 cm selon les zones. Tous ces relevés ont ensuite été rassemblés en un gigantesque nuage de 10,3 milliards de points représentant 342 Go de données. Ce nuage a ensuite été utilisé pour créer des modèles dans les logiciels Autodesk InfraWorks et 3ds Max.

    Une maquette numérique de 342 Go

    La maquette numérique créée par Autodesk couvre 2,4 km². Elle comporte plus de 1 000 bâtiments, 3 ponts, 25 statues, 8 200 arbres, des centaines d’éléments de mobilier urbains (candélabres, abribus, feux de signalisation, bancs, poubelles…).

    Autodesk n’a pas voulu révéler le coût de réalisation de cette maquette numérique, qui a nécessité le travail d’une quinzaine de personnes, équipées d’un matériel sophistiqué, pendant un peu plus de 4 mois. Autodesk, qui est propriétaire de cette maquette numérique, compte maintenant l’utiliser pour promouvoir de belle manière le BIM et ses technologies à travers le monde, voire l’utiliser dans des applications plus ludiques de réalité virtuelle.

    On n’a pas fini de voir le quartier de la Tour Eiffel aux quatre coins du monde !

    Jean-François Prevéraud

    Pour en savoir plus sur l’appel à projets, cliquez ici (Site de la ville de Paris) : cliquez ici.