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SolidWorks 2019 plus fort que SolidWorks

  • Publié le 10/11/2018
  • Difficile d’annoncer des nouveautés fracassantes lorsque l’on en est à la 27e version de son logiciel en 25 années d’existence. Pourtant SolidWorks 2019 réussit à faire mieux que SolidWorks 2018 dans de multiples domaines. C’est ce que m’ont montré Steve Lejeune, Directeur des Ventes et Romain Faucher, Directeur Technique pour SolidWorks Europe de l’Ouest, lors de la présentation de cette version.

    La sortie d’une nouvelle version de logiciel est toujours un événement important pour un éditeur même si, comme SolidWorks, on en est à la 27e version en 25 années d’existence. C’est alors le changement dans la continuité, l’évolution plutôt que la révolution. Pourtant nombre des évolutions de SolidWorks 2019 vont faciliter la vie de milliers d’utilisateurs, voir carrément révolutionner leur travail, comme par exemple la visualisation des très grands assemblages ou l’intégration de l’Intelligence Artificielle.

    Difficile en effet de faire table rase du passé quand on a près de 6 millions d’utilisateurs dans 280 000 sociétés à travers le monde. « Un succès qui est due à l’accessibilité de la solution en termes de facilité d’utilisation et de coût de possession, avec des performances qui sont parfaitement adaptées aux besoins de nos clients », explique Steve Lejeune, Directeur des Ventes Professional Channel, Dassault Systèmes.

    Faciliter l’innovation

    « Mais on prépare aussi le futur en aidant les créateurs, proposant des ruptures technologiques innovantes, dans les start-up, les incubateurs ou les FabLabs. Nous avons pour cela mis en place des programmes dédiés pour les aider à bénéficier à moindre coût de nos technologies. SolidWorks est ainsi présent dans 600 FabLabs, ainsi que 170 incubateurs ou accélérateurs ».

    C’est par exemple le cas avec Wanderkraft, une société française qui propose un exosquelette reproduisant la marche naturelle, afin d’aider les personnes à mobilité réduite à se déplacer. Le portfolio SolidWorks a permis depuis 2015 aux différents métiers présents dans l’entreprise (mathématiciens, roboticiens, mécaniciens, électroniciens…) de travailler autour de la même plate-forme collaborative de travail, de développer des prototypes et maintenant de proposer un premier produit fini.

    Rendre l’utilisation transparente

    De fait, SolidWorks entend anticiper l’évolution des techniques de l’ingénierie en proposant des expériences à ses utilisateurs. « Il ne s’agit plus de proposer aux concepteurs des applications s’emboitant les unes dans les autres, mais de leur offrir une vue globale et unifiée du cycle de développement d’un nouveau produit, de l’idée jusqu’à son démantèlement. Pour cela, les outils doivent être intégrés dans un environnement unique et facile à utiliser, afin qu’ils se concentrent sur leurs métiers et non pas sur l’apprentissage et l’utilisation de différents logiciels ».

    Une souplesse que l’on retrouve aussi au niveau commercial car si SolidWorks propose la vente de licences d’utilisation perpétuelles avec une maintenance annuelle, il propose aussi la location de licences sur une période déterminée pour un projet ponctuel ou pour faire face à des pics de charge. « On n’est plus sur quelque chose d’anecdotique, on assiste depuis 3 ans à une montée en puissance des locations avec aujourd’hui une croissance à 3 chiffres ».

    Croire à la Renaissance de l’industrie

    Si la révolution industrielle a permis de fabriquer des produits standards à moindre coût, aujourd’hui l’attente du marché est d’avoir à moindre coût des produits personnalisés qui apportent de la valeur. On entre dans une nouvelle ère. C’est ce que Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, appelle la ”Renaissance de l’industrie”. « Un nouveau monde où il va falloir inventer de nouvelles façons de travailler, de concevoir, de produire, d’apprendre… en mariant réel et virtuel. Nous sommes en plein dedans en proposant une plate-forme technologique capable d’accompagner nos clients dans cette transformation ».

    Cela passe par l’intégration de nouvelles technologies, comme l’Intelligence Artificielle ou le Machine Learning, pour apporter plus de performances à l’utilisateur. « Il ne s’agit plus de faire plus vite ce que l’on sait faire, mais de décupler les connaissances et les capacités à concevoir pour innover ». Par exemple, si un concepteur de siège de bureau ayant un socle à 5 bras équipe l’un des bras d’une roulette, sans qu’il ait besoin de faire quoi que ce soit, les 4 autres bras seront automatiquement équipés de roulettes. De même, un concepteur de scooter pourra juste donner les efforts et les encombrements disponibles pour un bras de suspension, puis le matériau utilisé et les modes d’obtention envisagés pour que le système propose une solution conforme au cahier des charges. Elle sera directement utilisable mais pourra servir de base de travail au concepteur.

    « Cela va beaucoup plus loin que l’optimisation topologique d’une ébauche de pièce proposée par le concepteur, puisque là c’est le système qui, à partir des données qu’on lui a fournies, définit la géométrie optimale », explique Romain Faucher, Directeur Technique Professional Channel, Dassault Systèmes. « Afin d’augmenter les performances, il s’agit de prendre en charge un certain nombre de choses pour rendre le système plus autonome à partir des intentions de conception initiales ».

    Donner de l’intelligence aux outils

    Ce qui est vrai dans le domaine de la conception peut l’être aussi dans celui de la fabrication. « Le concepteur peut par exemple définir des entités fonctionnelles avec tolérancements dimensionnels et géométriques, des états de surfaces ; le système va alors analyser ces données et proposer une gamme de fabrication, puis de contrôle pour les vérifier. Des gammes qui évolueront automatiquement si le concepteur modifie la pièce ».

    C’est aussi vrai dans le domaine de la fabrication additive où le système prépare la géométrie prévue en vue de l’imprimer en définissant les maillages de remplissage, les supports de fabrication, etc., voire calcule les déformations en cours de dépose de matière pour sortir une pièce finie correcte. « Des savoirs qui sont directement issus des travaux du groupe Dassault Systèmes, mais nous avons aussi des partenariats avec des fabricants d’imprimantes tels 3D Systems, pour lequel nous fournissons 3DXpert for SolidWorks, ou Desktop Metal avec Desktop Metal Studio for SolidWorks ».

    Tirer parti du portefeuille 3DExperience

    Il est clair que SolidWorks va de plus en plus piocher dans le portefeuille 3DExperience du groupe pour proposer à ses clients de nouvelles applications afin de décupler le champ des possibles. « Dans le domaine de la gestion des données on a déjà étendu les possibilités offertes aux utilisateurs qui ont besoin de collaborer avec les notions de gestion de nomenclatures, d’articles, de projets, de création de tableaux de bord. Pour aller plus loin en faisant mieux collaborer des utilisateurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise avec des outils de visualisation, d’annotation, de transfert de dossiers, nous prendrons tous ces outils collaboratifs dans la 3D Experience », explique Steve Lejeune. Un plan d’annonces allant dans ce sens sera présenté en début 2019 lors du SolidWorks World 2019, même si le format de données entre SolidWorks et Catia resteront différents.

    Autre produit issu de la 3D Experience, Marketplace qui offre un écosystème en ligne de fournisseurs industriels internationaux. Les deux premiers services sont : Make, pour la fabrication à la demande, et PartSupply, pour un approvisionnement intelligent en pièces. « Ce dernier service propose des dizaines de millions de composants issus de plus de 600 fournisseurs. Il suffit de dessiner par exemple les grandes lignes d’un vérin dans le contexte de son projet, pour qu’il identifie dans la base de données 3D ContentCentral, grâce à la puissance de la recherche topologique de la similarité 3D, les vérins du marché qui peuvent convenir avec toutes leurs caractéristiques. Ce qui accélère les phases de pré-étude d’un projet », explique Romain Faucher. Make, de son coté, permet de trouver directement à partir d’un modèle 3D SolidWorks des partenaires capables fabriquer les pièces spécifiques.

    Les principales nouveautés

    Je ne reviendrai pas en détail sur l’ensemble des 450 nouvelles fonctionnalités de cette version SolidWorks 2019. Le site de l’éditeur le fait très bien. Par contre, j’ai remarqué quelques nouveautés intéressantes. Tout d’abord la possibilité de manipuler de manière très fluide de très grands assemblages complets avec beaucoup de détails esthétiques, en tirant parti au mieux des algorithmes des cartes graphiques et d’Open GL 2.4. Il s’agit de modèles complets avec tous les composants et leurs définitions internes. L’exemple présenté est le télescope Maunakea Sprectroscopic Explorer d’Hawaii récemment rénové qui comporte plus de 100 000 pièces.

    On peut aussi simplifier les composants dans les grands assemblages sous forme de silhouettes, dont on choisi le niveau de réalisme, avant de les exporter vers d’autres applications, telle Revit dans le BTP. On peut ainsi exporter un modèle simplifié d’escalier mécanique vers un logiciel d’architecture. Si l’on transmet les informations nécessaires à son implantation dans le bâtiment, on protège le savoir-faire présent à l’intérieur des composants.

    Les applications métiers, telles la tôlerie et la chaudronnerie, qui disposaient déjà de fonctionnalités métier, disposent maintenant d’une ergonomie métier en termes de workflow, similaire à celle des logiciels spécialisés.

    La réalité virtuelle fait aussi son entrée dans SolidWorks avec Extended Reality. Cette application permet de créer des scènes CAO avec des modèles 3D, leurs matériaux, leurs décorations, leurs mouvements, mais aussi les éclairages, la position des caméras, l’animation des modèles et de les réutiliser directement dans les systèmes de visualisation en réalité virtuelle ou augmentée immersifs, ainsi que sur le Web. L’objectif étant de faciliter la conception collaborative avec de multiples acteurs.

    E-Drawing évolue également. Avant on envoyait le viewer en même temps que le modèle. Aujourd’hui on envoie une page HTML sans aucun ActivX, sans aucune installation et avec un simple navigateur web fonctionnant sur n’importe quelle plate-forme matérielle tel un smartphone, on peut visualiser et animer de gros modèles, mais aussi avoir des coupes, voir le détail de chaque pièce, faire des éclatés…

    Une couche d’Intelligence Artificielle a été ajoutée à Visualize pour aider le concepteur à avoir un rendu de meilleure qualité en prédisant les problèmes pouvant survenir lors du calcul final. On peut aussi appliquer des phénomènes physiques (vibrations, mouvements, chocs…) à un modèle réaliste pour avoir un rendu encore plus véridique. On apporte ainsi le savoir-faire du graphiste au concepteur en l’aidant à appliquer les bons paramètres.

    On le voit, pas de révolution mais des améliorations bien utiles pour les utilisateurs. Bref, une version encore plus performante, qui se rapproche de plus en plus de Catia, mais qui ne fait pas rêver. « C’est la prochaine étape avec XDesign, un outil de CAO 3D full Web qui permet de saisir toutes les idées novatrices autour de son modèle d’assemblage à n’importe quel moment sur un simple téléphone portable ou une tablette. C’est saisir l’instant, pour tous les intervenants d’un projet en mode collaboratif ! Cette solution est en test avancé auprès d’une centaine d’utilisateurs et arrivera en 2020 », conclut Steve Lejeune.

    Que restera-t-il alors à Catia ?

    Jean-François Prevéraud

    Pour en savoir plus, lire ici le communiqué de presse paru sur CAO.fr