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Dassault Systèmes mise sur l’IA et l’Economie Générative

  • Publié le 13/03/2025
  • J’ai eu le plaisir de participer à 3DExperience World 2025, la conférence annuelle de Dassault Systèmes qui se tenait à Houston fin février. L’occasion de faire le point sur les évolutions tant technologiques que stratégiques de l’entreprise avec ses principaux dirigeants. Avec cette année une forte emphase sur l’IA et l’Economie Générative.

    D’entrée de jeu Gian Paolo Bassi, SVP, Customer Role Experience chez Dassault Systèmes, a donné le ton de l’édition 2025 de 3DXWorld en souhaitant la bienvenue au 4 000 participants réunis à Houston, avec à ses côtés Spot, le chien robot de Boston Dynamics. « C’est le 30e anniversaire de la première version de SolidWorks, logiciel qui voulait rendre la 3D accessible à tout le monde. Aujourd’hui SolidWorks est intégré dans Dassault Systèmes et va bien au-delà d’un simple logiciel de conception 3D, c’est une plate-forme complète qui permet de créer et de fabriquer des produits exceptionnels, tels Spot, avec une vue unifiée et cohérente de vos données. »

    C’est ensuite Pascal Daloz, CEO de Dassault Systèmes depuis janvier 2024, mais présent dans l’entreprise depuis 25 ans à différents postes clés (recherche, stratégie, marketing, finances, direction générale…), qui a évoqué les lignes directrices de l’éditeur français pour les années à venir.

    Pascal Daloz, CEO Dassault Systèmes. 
Doc : Dassault Systèmes

    « Nous pensons que, nous comme vous, sommes entrés dans l’ère de la ‘‘Generative Economy’’ c’est-à-dire nous inspirer de la nature pour concevoir plus intelligemment et gaspiller moins. Cela implique deux choses : créer des jumeaux numériques de tout pour tout le monde sur la planète ; prendre conscience que vous avez des connaissances et savoir-faire incroyables en matière de conception, d’ingénierie et de fabrication, et que cette propriété intellectuelle est la ‘‘monnaie’’ de cette nouvelle économie. »

    « Cette propriété intellectuelle, nous sommes là depuis 40 ans pour vous aider à la protéger, la faire grandir et la valoriser, en combinant le meilleur de la modélisation, des simulations, de la science des données et maintenant du contenu généré par l’Intelligence Artificielle. C’est ce que nous appelons les ‘‘3D Univ+Rses’’. (n.d.l.r prononcer 3D Universes) C’est notre 7e génération des produits (Modèle 3D avec arbre d’assemblage ; Maquette numérique et conception dans le contexte ; PDM pour la gestion des données produits ; PLM pour la gestion le cycle de vie des produits, la traçabilité et la certification ; Jumeau numérique pour les combinaisons complètes du virtuel et du physique pour donner vie aux choses et gérer un cycle de vie ; Jumeau numérique de l’humain). Chacune de ces 6 générations a apporté une nouvelle façon d’imaginer, de créer et de produire. Les ‘‘3D Univ+Rses’’ sont une nouvelle étape qui va vous permettre de tirer parti de l’IA pour être plus efficaces et plus innovants. »

    Des outils d’IA issus de Mistral AI

    L’IA peut résoudre beaucoup de choses, mais pour cela il faut qu’elle ait des Corpus et Dassault Systèmes dispose de 40 ans d’expérience dans les Corpus industriels lui permettant d’entrainer ses outils d’IA, issus du partenariat annoncé en juillet dernier avec l’entreprise française Mistral AI.

    « L’IA n’est pas seulement un ajout à notre plate-forme, elle est au cœur de la façon dont nous transformons vos flux de travail en automatisant les tâches répétitives, en suggérant de nouvelles solutions, en rendant les décisions d’ingénierie plus intelligentes, en vous libérant du temps pour vous consacrer à l’innovation. »

    En combinant modélisation, simulation, données du monde réel et contenu généré par l’IA, cela donne un environnement de travail axé sur la science. Il ne s’agit pas seulement d’une meilleure visualisation, il s’agit vraiment d’une intelligence d’ingénierie approfondie pour comprendre comment les pièces s’emboîtent, comment les matériaux se comportent, comment les produits évoluent…

    Generative Experiences et Virtual Companions

    « Il s’agit d’une plate-forme de connaissances et de savoir-faire conçue pour vous aider à améliorer vos conceptions en tenant compte de multiples facteurs (modélisation ; simulation ; gouvernance ; cycle de vie ; marketing ; production ; vente…). Pour vous permettre d’exploiter pleinement cette puissance, nous introduisons maintenant deux nouvelles catégories de services alimentés par l’IA : les Generative Experiences et les Virtual Companions. La première est une assistance automatisée pilotée par l’IA pour la conception des exigences d’assemblage, les validations de tests… La seconde sont des assistants IA, prêts à améliorer vos compétences et à accélérer votre flux de travail. Ils ne sont pas là pour vous remplacer, ils sont là pour vous aider à aller plus vite dans votre travail quotidien. »

    Et de terminer son intervention en insistant sur 5 points :

    1. Dassault Systèmes s’engage à protéger la propriété intellectuelle de tous ses clients, petits et grands ;
    2. Nous sommes sur le point de devenir centrés sur les données et le contenu. C’est ce qu’on appelle les 3D Univ+Rses ;
    3. Nous nous engageons à rendre l’IA accessible, afin que vous n’ayez pas à devenir un expert en IA pour en bénéficier et que vous puissiez vous concentrer sur l’essentiel, à savoir l’innovation ;
    4. Nous élargissons l’expérience SolidWorks, en la gardant intuitive, puissante et connectée ;
    5. Nous le livrerons avec le même aspect pratique, les mêmes disciplines que SolidWorks .

    Penser réutilisation dès la conception

    Gian Paolo Bassi, SVP, Customer Role Experience, Dassault Systèmes. 
Doc : Dassault Systèmes

    Gian Paolo Bassi est ensuite revenu pour rentrer un peu plus dans le détail des annonces. « Léonard de Vinci a dit que l’humanité ne trouvera jamais une invention plus belle, plus économique et plus objective que la nature. Pendant des siècles, la nature a été notre plus grande source d’inspiration. Et maintenant, nous allons faire passer cette inspiration au niveau supérieur. »

    « En fait, aujourd’hui, vous avez besoin de plus qu’un modèle 3D. Vous avez besoin de contexte. Vous devez comprendre comment les choses interagissent avec leur environnement. Nous dépassons l’industrie 4.0 pour entrer dans une nouvelle ère que nous appelons l’industrie 5.0, où les industries sont obligées de trouver un équilibre entre l’innovation et le progrès, et l’impact sur le monde. L’expérience et la durabilité sont au cœur de tout. C’est ce que nous appelons la Generative Economy. »

    Si nous regardons le monde sous l’angle de la réutilisation et du recyclage, nous transformerons à jamais la façon dont les produits sont conçus et fabriqués. D’autant plus que l’IA vient accélérer ce phénomène.

    Imaginez des Virtual Companions dans la plate-forme 3DExperience qui peuvent vous apporter toutes les connaissances nécessaires pour comprendre et naviguer dans la complexité de la science et de la technologie modernes et les appliquer facilement à vos processus, à vos données.

    Le Virtual Companion peut aider à réutiliser le vaste savoir-faire industriel disponible dans les entreprises, peut générer des directives détaillées, de nouvelles idées et aider à les tester, créer un parcours d’outil optimisé pour l’usinage sur CNC, ou encore vérifier la conformité de vos spécifications et de vos produits par rapport aux multiples et complexes environnements réglementaires. Tout cela indique la direction que prend SolidWorks avec la plate-forme d’expérience 3DExperience.

    Aura, un Virtual Companion qui sait tout de votre entreprise

    Manish Kumar, CEO et vice-président de la recherche et du développement de SolidWorks. 
Doc : Dassault Systèmes

    Manish Kumar, CEO et vice-président de la recherche et du développement de SolidWorks, est venu présenter ce que seront les Virtual Companion ‘‘généralistes’’ rassemblant l’état de l’art de certaines activités, à travers une démonstration dans une entreprise fictive de rayonnages industriels à la demande. Il a aussi présenté en avant-première, puisqu’il ne sera disponible qu’en juillet, Aura, un Virtual Companion, qui stocke la propriété intellectuelle, connaissances et savoir-faire, de l’entreprise. Autre annonce à venir cet été, celle d’un CPQ Virtual Companion, (Configure, Price, Quote – Configuration, Tarification, Génération de devis). « En partant des exigences formulées par les chefs de produits, suite aux demandes des clients, et en tenant comptes de la propriété intellectuelle de l’entreprise, cet assistant sera capable de générer quasi instantanément des propositions commerciales réalistes. »

    D’Apollo, le robot humanoïde, à la glace instantanée de ColdSnap

    Des annonce illustrées par Louis Sentis, Professeur d’ingénierie à l’université du Texas à Austin, qui travaille en étroite collaboration avec Apptronix (https://apptronik.com), une jeune société issu en 2016 du Human Centered Robotics Lab de cette université qui conçoit et réalise avec l’aide des outils intelligents de SolidWorks des robots humanoïdes. «  Le format humain a su s’adapter à notre monde et est capable de faire face à de multiples situations. C’est ce que nous avons voulu reproduire avec Apollo, un robot humanoïde qui est utilisable aussi bien dans l’industrie que pour les soins à domicile grâce sa dextérité et son efficacité. Nous croyons que ce n’est pas l’Homme contre la Machine, mais l’Homme + la Machine qui emmènera l’humanité dans la prochaine étape de l’évolution. Ce qui est confirmé par le cabinet Morgan Stanley qui estime que 60 à 100 millions de robots humanoïdes cohabiteront avec les humains en 2050. »

    D’autres utilisateurs, beta testeurs de ces nouveaux assistants de SolidWorks basés sur l’IA sont venus présenter des produits novateurs tel Matt Fonte, Président de ColdSnap (https://coldsnap.com), une start-up qui propose une machine pour faire quasi instantanément des crèmes glacées. « Le principe est simple. Vous choisissez une cartouche stockée à température ambiante, correspondant au parfum que vous désirez. Vous l’introduisez dans la machine qui détecte ses spécificités grâce au QR Code imprimé et adapte ses paramètres de production (température, temps, pression…). En moins de 2 minutes la crème est congelée puis extrudée dans une coupe à l’aide d’un piston intégré à la cartouche. Plus besoin de transporter et stocker à basse température des bacs de glace, ce qui réduit considérablement l’empreinte énergétique de cette gourmandise. De plus, après les machines pour les professionnels nous avons en développement une machine familiale qui devrait être proposée aux alentours de 450 $, ce qui la rendra accessible à tous les foyers. »

    Sriharsha Sheshanarayana est venu présenter, Bullwork Mobility (https://www.bullworkmobility.com), une start-up indienne qu’il a co-fondée pour développer des engins agricoles électriques.

    Kyle Doerksen, fondateur de Future Motion (https://onewheel.com) qui a développé le skate-board mono-roue OneWheel, a expliqué somment SolidWorks lui permet d’augmenter régulièrement les performances et l’autonomie de ses produits.

    Le père de Spot mis à l’honneur

    Invité d’honneur, Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics (https://bostondynamics.com) et Directeur du Robotics & AI Institute (https://www.rai-inst.com), a tenu à rappeler d’entrée de jeu : « Je suis fier d’être ici pour rappeler que le développement du Monde ce n’est pas que de l’IA mais surtout des produits physiques, qui peuvent intégrer de l’IA et c’est pour cela que nous avons besoin d’outils comme ceux de SolidWorks pour créer la structure et les éléments mobiles des robots. Eléments qui seront mis en mouvement grâce à une multitude de capteurs qui alimenteront l’électronique embarquée pour piloter les actionneurs qui les animeront. Mais pour moi la structure mécanique est tout aussi importante que les logiciels embarqués. Nous allons ainsi pouvoir donner une dynamique, une stabilité et un comportement à nos robots qui se rapprochent de ceux des êtres vivants. »

    Ainsi plus de 2 000 robots quadrupède Spot sont-ils en service aux 4 coins du monde pour inspecter et surveiller des installations, pour intervenir en zones dangereuses lors d’accidents industriels, de catastrophes naturelles ou en soutien de forces de l’ordre, en fonction des charges utiles qu’ils embarquent. Ils sont pour cela équipés de multiples capteurs leur permettant de modéliser leur environnement pour pouvoir s’y déplacer en évitant les obstacles et accomplir la mission qu’ou leur a assignée.

    Si Spot est une plate-forme mobile capable d’embarquer un équipement tiers, le robot humanoïde Atlas peut reproduire automatiquement, grâce à l’intelligence embarquée, le comportement humain sans intervention d’un pilote humain. Ici les actionneurs sont hydrauliques pour lui donner plus de puissance. L’utilisation de SolidWorks a permis de raffiner sa conception en passant de 160 kg pour la version initiale à 72 kg.

    Une trentaine de robots humanoïdes en développement dans le monde.

    Un humanoïde, ce n’est pas simplement un robot ayant une tête, deux bras et deux jambes, c’est un robot intelligent, qui a une compréhension sémantique et une compréhension situationnelle de son environnement, et avec lequel vous pouvez communiquer. « Je pense que ces traits pourraient se trouver dans de multiples formes physiques de robots et qu’ils devraient être appelés humanoïdes ou du moins être considérés comme ayant les attributs de l’humanoïde. »

    « Je pense que nous allons voir des caractéristiques humaines dans toutes sortes de formes de robots. Et cela m’amène à ma dernière entreprise, le Robotics & AI Institute, qui combine la physicalité de la robotique, que j’appelle l’intelligence athlétique, avec la partie cérébrale de l’IA et de la robotique, l’intelligence cognitive. Dans ce nouveau laboratoire de recherche n’ayant pas vocation à développer des produits, nous essayons de marier les deux. Et je pense que travailler en étroite collaboration entre le physique et l’intelligence, c’est là que les vrais progrès seront réalisés. »

    Les chercheurs y travaillent sur un projet appelé ‘‘Watch, Understand, Do’’. Plutôt que d’avoir une salle pleine de programmeurs très qualifiés, qui travaillent pendant des semaines et des mois à programmer chaque tâche du robot, ce qui est le cas de toutes les équipes développant actuellement des robots, Marc Raibert voudrait que son robot observe quelqu’un faire une tâche, comprenne ce qu’il voit, comprenne quelles compétences sont nécessaires pour effectuer la tâche ou apprenne ces compétences et le fasse lui-même.

    « Je l’admets, c’est de la science-fiction aujourd’hui, mais c’est ce que nous essayons de rendre réel au cours des prochaines années. Cela interviendra d’abord dans le milieu industriel, car pour le grand public il y a à la fois des questions de coût, de sécurité et d’environnement complexe. »

    L’IA Générative mais pas que

    « Concernant l’IA Générative, je pense que pour la robotique, il y a des cas particuliers où ces technologies peuvent s’appliquer avec plus de développement. Mais par exemple, les développements actuels n’abordent pas vraiment l’imagerie en temps réel nécessaire aux robots. Nous travaillons donc à la création de modèles génératifs qui sont alignés sur ce type d’application. Et nous essayons également d’obtenir une partie de la physicalité combinée à la planification, à la conscience de la situation et à des choses comme ça que nous voyons dans le comportement humain, notamment dans des situations de parcours. »

    « Ainsi nous travaillons depuis un an et demi sur la réalisation d’un vélo de parcours. Jusqu’à présent, nous nous concentrons principalement sur la physicalité du vélo. Grâce à l’apprentissage par renforcement, notre prototype est capable de s’équilibrer tout seul, le pilote commandant juste la trajectoire, et il peut lui demander de rester en équilibre à l’arrêt, de rouler sur la roue arrière ou de rouler en arrière en appuyant sur un bouton. » Le vélo est aussi capable de sauter sur des obstacles grâce à un mécanisme conçu avec SolidWorks.

    Au-delà de la plénière

    Après cette plénière nous avons pu rencontrer les principaux dirigeants de Dassault Systèmes et SolidWorks pour aller plus loin.

    Pascal Daloz, CEO de Dassault Systèmes, nous a précisé les vues exprimées en session plénière. « Le concept de d’économie générative est le fruit de plus de 10 ans de réflexion interne, c’est l’étape suivante après la convergence en cours entre physique et virtuel. C’est la convergence entre l’économie de l’expérience et l’économie circulaire indispensable au développement durable. C’est issu de l’observation de la vie qui se régénère en permanence. C’est d’ailleurs pourquoi nous nous sommes diversifiés dans les sciences de la vie pour comprendre pourquoi et comment elle se régénérait, car nous pensons que l’innovation du futur sera inspirée par les sciences de la vie. »

    Et c’est un nouveau paradigme en termes d’innovation. La vie se dessine dans un espace inconnu sans être capable de prédire quel sera le résultat final. C’est à l’opposé de l’approche de l’ingénierie où nous concevons quelque chose en sachant où nous voulons arriver. Au-delà de l’innovation de rupture, c’est peut-être un peu philosophique, mais je pense que nous devrions plutôt parler de métamorphose car nous ne faisons pas table rase de l’existant, nous capitalisons sur ce que l’on a fait afin d’arriver avec une nouvelle idée. L’économie du savoir devient une réalité. C’est l’essence même de la GenAI.

    « Donc notre idée c’est de représenter le monde avec ses différents niveaux de complexité, en combinant plutôt qu’en les opposant la physique du monde réel avec le monde virtuel. Au niveau conception, il va falloir intégrer les multiples vies d’un système dont certains composants pourront être réutilisés en fin de vie du système. Il va falloir concevoir vos déchets en ayant à l’esprit la durée de vie multiple potentielle de vos produits. »

    Une IA dédiée à l’industrie

    « Si vous y réfléchissez, c’est un ensemble massif de connaissances et de savoir-faire, qui a été englobé dans toutes les représentations, dans tous les modèles, dans toutes les meilleures pratiques, dans tous les tests que vous avez effectués avec nos outils depuis 40 ans. Grâce à l’IA nous avons le moyen d’extraire automatiquement ces connaissances et de demander aux Virtual Companions de faire le travail en votre nom. Mais c’est une IA dédiée à l’industrie qu’il faut car le volume de données propres à chaque entreprise est limité, par contre de très bonne qualité. De plus, pour garantir la propriété intellectuelle de chaque entreprise, il faut qu’elle puisse prendre le moteur d’IA de base et l’entrainer sur ses propres données. »

    Quels sont les fondamentaux ?

    « Tout d’abord, nous proposons les outils permettant de créer un jumeau numérique de tout, pour tout le monde. Cela va de la molécule au sous-marin en passant par les individus et les voitures. Mais ce peux aussi être votre entreprise. Nombre de nos clients s’y sont lancés car lorsque vous devez transformer votre entreprise, vous avez besoin d’une maquette. Cela permet de comprendre les conséquences si vous changez certains rôles ou certains processus, sur la performance globale de l’entreprise. »

    « La deuxième chose, c’est que la plate-forme 3DExpérience est depuis sa mise sur le marché en 2012, centrée sur les données. Ce qui permet à l’aide d’outils sémantiques d’en extraire des informations pour reconstruire le graphe du produit, le graphe des processus de fabrication ou de n’importe quel autre graphe, afin de recréer un modèle. Dès que vous avez le modèle, vous pouvez fusionner le virtuel et le réel. Et vous pouvez les relier à la pure abstraction de l’esprit humain, qui crée des choses qui n’existent pas, au moyen des Virtual Companions, qui vont automatiquement apprendre de vous et travailler pour vous. A chacun de les utiliser comme il l’entend. Comme dit Bernard Charlès : « Nous ne sommes pas là pour aplatir le monde, mais pour créer des différenciations entre les multiples acteurs du marché. »

    Accéder facilement à la propriété intellectuelle de l’entreprise

    Manish Kumar, CEO et vice-président de la recherche et du développement de SolidWorks, a rappelé : « Depuis 30 ans nous avons donné aux utilisateurs de SolidWorks la possibilité de passer de la modélisation 3D à la simulation et maintenant à la création de jumeaux numériques, car SolidWorks comme l’ensemble des outils de Dassault Systèmes utilise les technologies de la plate-forme 3DExpérience, où ils peuvent aussi stocker de manière sécurisée leurs données, leurs connaissances et leurs savoir-faire, bref leur propriété intellectuelle. Il est possible d’expérimenter ces jumeaux numériques dans un environnement virtuel immersif où grâce à ses sens le concepteur pourra détecter les problèmes potentiels et affiner sa conception. »

    De plus, grâce à des Virtual Companions comme Aura on peut rapidement obtenir des réponses à une question en puisant dans les connaissances et les savoir-faire de l’entreprise. Mais cela reste une ‘‘porte ouverte sur un monde fermé’’. A moins que l’on ne décide de publier une partie de cette propriété intellectuelle au sein d’une communauté bien identifiée. Ainsi on peut partager et avoir accès à certains savoirs. Il y a fort à parier que certains consortium professionnels pourraient partager pour l’ensemble de leurs adhérents certain savoir-faire novateurs, en Open Source en quelque sorte, afin de faire progresser plus vite l’ensemble de la profession.

    Et la 8e génération ? « Je pense qu’il faudra que ce soit quelque chose lié aux êtres humains. Car si à l’heure actuelle, l’IA est à la mode, finalement, ma conviction est que tout doit revenir aux êtres humains. Comment cela va-t-il aider à restaurer notre humanité ? En fin de compte, il s’agit de prendre soin des êtres humains. »

    Gérer l’électronique et le logiciel embarqué

    Avec Louis Fenstein, Global Director High Tech Strategy chez Dassault Systèmes, nous avons évoqué l’indispensable liaison avec les outils de CAO électronique. « Nous sommes aussi holistiques que nos clients, nous disposons de connecteurs avec la quasi-totalité des éditeurs du marché (Altium, Cadence, Mentor, Orcad, Synopsys, Zuken…) à la fois pour le semi-conducteur et le PCB. Nous avons aussi dans la gamme Simulia un certain nombre de logiciels spécialisés (Smart Device Builder, Smart Device Simulator et Smart Device Innovator) permettant de créer, de simuler et de tester virtuellement des systèmes complexes intégrant mécanique, électronique et logiciel embarqué. Au-delà de la CAO Electronique nous travaillons aussi avec le monde du logiciel embarqué à travers les bibliothèques GITHub et GITLib, et nous pouvons intégrer tout cela aussi bien dans les nomenclature Catia que SolidWorks. »

    Est-il convenable d’avoir un jumeau virtuel d’un système complexe sans pouvoir entrer dans ses parties électroniques, qui sont répertoriées comme des boites noires dont on ne connait que le comportement des entrées/sorties ? « La conception des puces et des PCB est une affaire d’experts, laissons faire les grands éditeurs. Nous pouvons nous contenter des entrées et sorties d’une boite noire pour comprendre la cinétique d’un système. Nous n’avons pas de velléités d’acquisition dans ce domaine, par contre nous allons certainement renforcer les accords de partenariat que nous avons. L’important n’est pas la conception des puces elles même, mais la gestion des exigences qui servent à les concevoir, car grâce à l’IA, à terme, la conception même des puces pourra être automatisée. Quant à l’intégration de puces quantiques nous serons prêts, car c’est avant tout un problème de gestion d’énergie et de refroidissement et nous avons les outils pour cela. »

    Une maturité des technologies et des idées

    Gian Paolo Bassi, SVP, Customer Role Experience chez Dassault Systèmes, estime : « Nous aidons largement l’industrie dans sa démarche de numérisation, mais voulons maintenant l’aide à aller plus loin vers la virtualisation. La numérisation est une représentation statique, comme une image dont vous ne pouvez pas faire grand-chose. Alors que le jumeau virtuel permet de tester de multiples choses dans un environnement virtuel. Et il ne s’agit pas de faire un jumeau virtuel générique, mais de créer un jumeau virtuel propre à chaque produit qui sort de l’usine pour qu’il suive le cycle de vie du produit. »

    « Notre technologie grâce à l’IA permet de le faire et les mentalités changent en allant vers l’économie circulaire, plus résiliente et plus centrée sur l’humain pour finalement arriver à l’économie de l’expérience. L’IA va changer le monde comme Internet l’a fait de manière globalement positive. »

    « L’industrie n’est pas un environnement autonome, l’industrie est pour la société puisqu’elle est faite par l’homme pour l’homme et ce cycle n’est pas assez résilient, on l’a vu avec le Covid. L’industrie 5.0 doit donc se recentrer sur l’humain. Et cela va changer la façon dont nous déployons les industries, dont nous investissons et dont nous créons des chaînes d’approvisionnement, où nous investissons, le type d’emploi que nous créons, etc. »

    « Même si nous partageons la même plate-forme technologique 3DExperience que le monde Catia, SolidWorks n’a pas la même approche du marché. Catia travaille surtout avec les grands OEM auxquels ils fournissent des outils personnalisés, SolidWorks travaille surtout avec les PME et TPE auxquels ils proposent des outils près à l’emploi uniquement dans le Cloud. » Pour mémoire, SolidWorks représente 22 à 23 % du chiffre d’affaires de Dassault Systèmes.

    Bref une édition où l’IA a tenu un rôle clé et qui montre l’inflexion de Dassault Systèmes vers une approche de Generative Economy où l’industrie 5.0 sera obligée de trouver un équilibre entre l’innovation et le progrès, et l’impact sur le monde.

    Jean-François Prevéraud

    Pour en savoir plus : https://www.3dexperienceworld.com