Un t-shirt, une batterie, une pièce détachée, un pneu ou un équipement professionnel ne pourront bientôt plus circuler sans mémoire. Leur composition, leur origine, leur fabrication, leurs réparations, leurs mises à jour, leur impact carbone et leur fin de vie devront devenir accessibles, lisibles et vérifiables.
Ce changement ne relève pas seulement d’une nouvelle obligation documentaire. Il installe une autre manière de concevoir la traçabilité, en reliant le produit à toute son histoire industrielle. Porté par le Green Deal européen et la stratégie européenne d’économie circulaire, le Passeport Numérique des Produits, ou DPP, s’impose progressivement comme la carte d’identité numérique des biens.
Pour les industriels, l’enjeu consiste désormais à transformer des données souvent dispersées en un système fiable, sécurisé, interopérable et exploitable. Spécialiste de la traçabilité, de l’identification automatique et de l’automatisation depuis plus de 30 ans, CIPAM lance son offre modulaire « DPP Ready » pour aider les entreprises à préparer cette bascule réglementaire et opérationnelle.
Demain, un produit sans passeport numérique sera un produit sans histoire vérifiable
Le Passeport Numérique des Produits associe chaque produit à un identifiant unique, QR Code, DataMatrix, tag RFID ou NFC, donnant accès en un scan à des données structurées sur son cycle de vie. Cette carte d’identité numérique pourra réunir l’origine des matières, les procédés de fabrication, les réparations, les mises à jour logicielles, l’impact carbone ou les consignes de fin de vie.
Inscrit dans le règlement européen ESPR, entré en vigueur le 18 juillet 2024, le DPP vise à renforcer la durabilité, la réparabilité, la recyclabilité et la transparence des produits. Selon les informations transmises par CIPAM, certaines catégories seront concernées dès 2026, avant un déploiement progressif jusqu’en 2030.
Le vrai défi du DPP se joue loin du QR Code
Réduire le passeport numérique à une étiquette serait une erreur. Le QR Code, le DataMatrix ou la RFID ne sont que la porte d’entrée. Les industriels doivent consolider des informations dispersées entre fournisseurs, ateliers, ERP, PLM, MES, WMS, services qualité, maintenance, documentation technique et circuits de recyclage. Ils doivent ensuite les exposer de manière sécurisée, lisible, évolutive et interopérable.
CIPAM positionne son accompagnement sur cette articulation entre terrain, systèmes d’information et conformité. L’entreprise aide à transformer la documentation technique et les données opérationnelles en un passeport numérique exploitable par toute la chaîne de valeur, des fournisseurs aux recycleurs, en passant par les mainteneurs, les revendeurs et les consommateurs.
Une expertise nourrie par le terrain et le débat industriel
Lors d’un événement consacré au DPP organisé par CIPAM le 25 novembre 2025 à Clermont-Ferrand, plus d’une centaine d’industriels, experts de la donnée, acteurs technologiques et représentants de filières ont échangé sur les conséquences concrètes du règlement européen. Les débats ont souligné que la difficulté n’est pas tant de créer un passeport numérique que d’organiser, fiabiliser et gouverner les données qui l’alimentent.
« Le calendrier réglementaire est désormais connu. La vraie question n’est plus de savoir si le DPP arrivera, mais comment les entreprises vont s’y préparer sans attendre les dernières précisions réglementaires », rappelle Vincent Routaboul, directeur général du groupe TephraOne, CIPAM et BECOMS.
Jérémy Paris, CTO, souligne que « le véritable enjeu n’est pas d’ajouter un QR Code sur un produit, mais de construire un système capable de collecter, sécuriser, structurer et partager les données tout au long de son cycle de vie ».
DPP Ready transforme le sujet réglementaire en plan d’action
L’offre modulaire « DPP Ready » accompagne les entreprises sur toute la chaîne de préparation : compréhension réglementaire, cadrage des cas d’usage, cartographie des données, choix des identifiants, architecture technique, intégration aux systèmes existants et déploiement opérationnel.
La première étape consiste en une demi-journée de sensibilisation intra-entreprise. Cette session de quatre heures, en présentiel ou en visioconférence, décrypte la réglementation ESPR, analyse les cas d’usage et présente des retours d’expérience, notamment un déploiement sur des pneus de compétition. Son tarif est de 1 000 euros HT. La session est éligible OPCO, avec une prise en charge possible jusqu’à 75 %.
La deuxième étape repose sur quatre jours de consulting pour coanimer les ateliers de cartographie des données, de choix d’identifiant, d’architecture informatique et de feuille de route ROI. Le forfait annoncé est de 4 000 euros HT, avec une prise en charge OPCO indiquée à 2 500 euros nets.
La troisième étape concerne l’intégration technique « label-ready ». Elle connecte les référentiels ERP ou PLM au cloud DPP de CIPAM via API REST ou GraphQL, met en place une solution d’étiquetage automatique NiceLabel pour générer les QR Codes ou tags conformes en production, puis réalise un POC en six semaines sur une ligne pilote. Cette partie est proposée sur devis.
L’objectif est d’aboutir à un passeport numérique opérationnel, conforme ESPR, interopérable GS1 Digital Link et connecté aux flux d’étiquetage et de traçabilité.
La RSE quitte le rapport pour entrer dans le produit
En rassemblant les données liées à la fabrication, au recyclage, à l’impact carbone et à la fin de vie, le DPP peut aider les entreprises à structurer leurs démarches RSE autour d’éléments vérifiables. Pour CIPAM, il permet de rattacher les engagements environnementaux, techniques et de conformité au produit lui-même.
Ne pas attendre l’obligation pour découvrir ses angles morts
Se préparer au DPP implique d’identifier les données disponibles, de repérer celles qui manquent, de choisir les supports d’identification, de sécuriser les échanges et de bâtir une architecture capable d’évoluer. Au-delà de l’obligation, cette préparation peut devenir un accélérateur de maturité industrielle : mieux tracer, mieux documenter, mieux contrôler et mieux partager.
