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Nvidia : une croissance toujours spectaculaire, mais le goulot d’étranglement se déplace vers les composants

  • Publié le 28/08/2026
  • 3min. de temps de lecture
  • Josh Gilbert, analyste de marché pour etoro

    Nvidia continue depuis trois ans à rendre l’extraordinaire presque banal. Ce trimestre ne fait pas exception : le chiffre d’affaires a plus que doublé sur un an pour atteindre 96 milliards de dollars, dont 89 milliards provenant des data centers. Le groupe anticipe par ailleurs 108 milliards de dollars de revenus pour le trimestre d’octobre, au-dessus des attentes. Pour une entreprise de cette taille, maintenir une telle croissance reste impressionnant. Blackwell Ultra a porté le trimestre, tandis que Vera Rubin est déjà en pleine production.

    Les engagements d’approvisionnement futurs de Nvidia ont plus que doublé en un seul trimestre, passant de 119 à 279 milliards de dollars. L’entreprise explique que cette hausse concerne principalement la sécurisation des approvisionnements en mémoire. Le principal frein à l’IA n’est donc plus de trouver des clients, mais de disposer de suffisamment de mémoire. Cette tension commence à peser sur les marges, désormais attendues entre 71 % et 72 % au plus bas avant de remonter avec les futures hausses de prix.

    La pression se retrouve également dans la trésorerie : le free cash-flow est tombé à 21 milliards de dollars, contre environ 48 milliards trois mois auparavant. Cela peut sembler inquiétant, mais Nvidia utilise cet argent pour payer ses fournisseurs à l’avance et constituer des stocks pour Rubin. Il s’agit davantage du coût nécessaire pour sécuriser les composants que du signe d’un ralentissement de l’activité.

    Selon Jensen Huang, la demande progresse actuellement à un rythme proche de 100 %, mais Nvidia ne s’engage que sur environ 70 % de croissance, car c’est tout ce que l’entreprise est capable de fournir. Autrement dit, Nvidia est davantage confrontée à un problème de capacité d’approvisionnement qu’à un manque de demande. Alors que les cycles se retournent généralement lorsque l’offre rattrape la demande et que les entreprises commencent à réduire leurs prix pour écouler leurs stocks, Nvidia fait l’inverse : ses prix augmentent de plus de 15 %.

    Les géants de la tech continuent de jouer un rôle majeur : les hyperscalers représentent environ 55 % des revenus des data centers ce trimestre. Mais Nvidia dispose désormais d’un second moteur de croissance, avec les AI clouds, les entreprises industrielles et les clients corporate, qui représentent les 45 % restants.

    Nvidia n’est donc plus seulement un fabricant de puces : l’entreprise est devenue la couche d’infrastructure sur laquelle repose l’ensemble du développement de l’IA. C’est probablement l’aspect de son modèle économique que les concurrents ont le plus de mal à reproduire. Amazon s’est notamment engagé à acheter 2 millions de GPU supplémentaires sur les deux prochaines années, tout en développant ses propres puces. La concurrence existe bel et bien, mais personne n’a encore trouvé comment contourner Nvidia.

    Le boom de l’IA a encore de la marge, mais le nombre de gagnants devrait continuer à augmenter, notamment du côté des fournisseurs. La question n’est désormais plus de savoir si Nvidia peut vendre ses puces, mais si le reste de l’industrie est capable de construire suffisamment vite autour d’elles.


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