96 % des Français attendent des pouvoirs publics qu’ils soutiennent une industrie française du recyclage.
Paris, 30 septembre 2026 – A l’occasion de Produrable et des Assises nationales de l’économie circulaire (30 septembre et 1er octobre 2026), les résultats d’un sondage réalisé par Norstat auprès d’un échantillon représentatif de Français sur les attentes en matière de recyclage du plastique sont dévoilés en avant-première. Selon cette enquête, 66 % des Français citent les entreprises développant de nouvelles technologies de recyclage parmi les acteurs ayant le rôle le plus important à jouer. Les attentes portent également sur les achats de matière recyclée et le développement de capacités industrielles en France.
Cette étude sera présentée en détail le 7 octobre à la Questure de l’Assemblée Nationale, lors d’un colloque L’Hémicycle sur le thème « Économie circulaire : comment transformer l’innovation verte en filière industrielle stratégique ? » avec la participation notamment de Mathieu Lefèvre, Ministre délégué à la transition écologique, Sylvain Waserman, ADEME, Carla-Julie Bastia, Ville de Paris, Benoit Grenot, Carbios, Olivier Ducatillion, Union des Industries du Textile, Xavier Chastel, Polyvia.
« Les Français placent les industriels en première ligne pour améliorer le recyclage du plastique. Nous y voyons une responsabilité : celle d’apporter des résultats concrets. Un autre chiffre mérite l’attention : 55 % des répondants souhaitent que les pouvoirs publics encouragent les marques à acheter de la matière recyclée produite en France ou en Europe. C’est une condition essentielle pour notre filière : les matières que nous recyclons doivent trouver des acheteurs. Cette attente rejoint notre ambition de développer une plasturgie circulaire, avec des capacités industrielles et des emplois en France », analyse Xavier Chastel, Directeur Général de Polyvia.
La pollution et les difficultés de recyclage parmi les préoccupations
Le plastique reste perçu comme une nuisance environnementale visible : 70 % des répondants citent la pollution des océans et de la nature, et 60 % la présence des microplastiques dans l’environnement et l’alimentation. Les difficultés à collecter, trier et recycler certains plastiques sont citées par 28 % des répondants, la dépendance aux matières premières par 23 % et l’exportation d’une partie des déchets plastiques par 19 %.
Une responsabilité attendue des entreprises et des marques
Face à ce constat, les Français ne misent pas uniquement sur les comportements individuels mais d’abord sur l’innovation technologique et industrielle pour apporter des solutions. Leurs attentes sont particulièrement élevées à l’égard des entreprises qui développent de nouvelles technologies de recyclage. Elles arrivent en tête des acteurs cités (66 %), suivies des marques utilisant du plastique dans leurs produits ou leurs emballages (60 %). Les consommateurs, par leurs choix et leurs gestes quotidiens, sont cités par 52 % des répondants et l’État et les pouvoirs publics par 51 %.
Des débouchés pour la matière recyclée et un soutien aux industriels
96 % des Français attendent une action de l’État aux côtés des entreprises pour développer le recyclage du plastique, un niveau de consensus rare qui traverse l’ensemble des catégories de la population. Parmi les actions publiques proposées pour développer une industrie du recyclage, encourager les marques à s’engager sur l’achat de matière recyclée produite en France ou en Europe est la mesure la plus citée (55 %). Viennent ensuite le soutien à la recherche-développement (43 %), la facilitation de l’implantation des usines en France (41 %) et l’aide au financement des usines utilisant de nouvelles technologies (40 %).
Sur le plan technique, 57 % des répondants veulent des solutions qui génèrent moins de résidus et 48 % qu’elles traitent en priorité les déchets aujourd’hui difficiles à recycler. Au total, 90 % des répondants citent au moins un critère de performance technique, contre 62 % un critère économique, la performance prime sur le coût dans l’esprit des Français.
Une exigence de souveraineté industrielle et d’emplois localisés en France
Les Français veulent enfin que cette industrie se construise en France. 59 % souhaitent que la France développe ses propres capacités pour transformer les déchets plastiques en nouvelles matières premières et 53 % veulent que les usines et les emplois liés au recyclage soient d’abord implantés sur le territoire national, contre 49 % qui privilégieraient un déploiement à l’échelle européenne et seulement 12 % qui laisseraient les entreprises libres de choisir où investir. La protection des technologies et savoir-faire français jugés stratégiques est également citée par 49 % des répondants.
Ce consensus traverse les sexes, les territoires et les niveaux de revenus ; seuls les 18-25 ans se montrent un peu plus enclins à privilégier l’échelon européen, sans pour autant écarter la nécessité d’un ancrage national.
Chiffres clés
- 96 % attendent des pouvoirs publics qu’ils soutiennent une industrie française du recyclage
- 69 % jugent indispensables de nouvelles technologies ou une innovation industrielle pour mieux recycler le plastique
- 66 % comptent avant tout sur les entreprises pour faire progresser le recyclage en France
- 63 % savent que les déchets plastiques restent aujourd’hui difficiles à recycler
- 59 % veulent que la France transforme elle-même ses déchets plastiques en nouvelles matières premières
- 53 % privilégient une souveraineté nationale sur le recyclage, avec la création d’emplois et d’usines en France
Méthodologie
Sondage Norstat réalisé en ligne les 2 et 3 septembre 2026 auprès de 1 002 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
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