AccueilJFPEt si l’impression 3D était un des vrais défis de l’industrie automobile ?

Et si l’impression 3D était un des vrais défis de l’industrie automobile ?

  • Publié le 14/09/2017
  • A l’heure de l’ouverture du Salon Automobile de Francfort tous les commentateurs ne parlent que de véhicules électriques, autonomes et connectés. Et si les vrais défis de l’automobile étaient ailleurs ?

    Certes les annonces de la France, de la Grande-Bretagne et de la Chine souhaitant bannir les moteurs thermiques à l’horizon 2040 plaident pour la propulsion électrique, mais ce ne sont pas les énergies renouvelables qui pourront alors recharger un parc automobile que les experts estiment à environ 2 milliards de véhicules. Que diront alors les écologistes lorsqu’il faudra construire des dizaines de nouvelles centrales nucléaires ou des milliers de centrales thermiques pour produire l’énergie nécessaire ? L’énergie la plus verte est celle que l’on ne consomme plus. Il faut donc réduire la consommation des véhicules, quelque soit leur énergie, et donc leur masse.

    Quant à la voiture autonome, nombre d’entre vous ont dû comme moi être confronté cet été encore à un système de navigation embarqué de dernière génération les invitant à prendre des sens interdits, à s’engouffrer dans d’étroites rues piétonnes, à rouler sur des routes qui n’existent plus, tout en ignorant des voies tracées depuis des décennies. Autant d’erreurs de mise à jour des cartographies qui risquent fort de bloquer nombre de voitures autonomes ou pour le moins de rallonger nos trajets.

    Mais faisons confiance aux ingénieurs pour résoudre ces problématiques !

    La révolution de l’impression 3D


    Structure avant d’un VW CADDY développée
    dans le cadre du projet 3i-PRINT

    Parallèlement, certaines vraies révolutions – certes beaucoup moins médiatisées – se font jour dans l’automobile, notamment dans le domaine de la fabrication. J’en veux pour preuve l’annonce des premières retombées du projet allemand 3i-PRINT qui vise à imprimer en 3D de grandes pièces métalliques composant la structure de véhicules.

    On retrouve derrière ce projet : le prestataire d’études CSI entwicklungstechnik GmbH ; le spécialiste du calcul et de l’ingénierie Altair ; la filiale d’Airbus spécialisée dans l’impression 3D métal Airbus APWorks* ; le fabricant d’imprimantes 3D EOS ; le fournisseur de matériaux métalliques d’impression Heraeus ; le fabricant de prototypes et de petites séries Gerg Group. Pour prouver la faisabilité d’un tel projet, les partenaires ont totalement reconçu le bloc avant d’un Volkswagen Caddy, petit pick-up dérivé de la Golf .

    La nouvelle structure, très organique et intégrant de multiples fonctionnalités, est composée de plusieurs pièces métalliques imprimées en Scalmalloy, un alliage d’aluminium, puis soudées. L’ensemble qui travaille à iso-contraintes ne pèse que 34 kg.

    Outre la réduction de masse, intéressante pour diminuer la consommation, les acteurs de ce projet ont voulu montrer qu’il est possible de complètement repenser l’architecture et la structure même d’un véhicule en le concevant pour être imprimé en 3D et non plus comme un assemblage de pièces de tôle embouties. Et c’est peut-être là que sont les vrais défis de l’automobile !

    Jean-François Prevéraud

    Dassault Systèmes a annoncé lors du Salon du Bourget en juin dernier, un partenariat avec Airbus APWorks pour intégrer l’expertise impression 3D dans ses outils de conception et de validation, notamment pour les applications aéronautiques..