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La 3D pour mieux nettoyer les carottes

  • Publié le 19/05/2022
  • La Carotte des sables des Landes arrive dans nos assiettes. Mais avant, il a fallu la récolter et la nettoyer. C’est pour améliorer ces process qu’Agri Techni Concept transforme des machines existantes en leur adjoignant de nouveaux modules. Encore, faut-il qu’ils s’adaptent parfaitement. D’où l’intérêt de la numérisation 3D des machines-supports.

    Le développement durable nous incite à réparer plutôt que remplacer, une démarche qui est au cœur de l’activité d’Agri Techni Concept, société basée à Sore dans les Landes, qui est spécialisée dans la réparation et la transformation des machines agricoles et forestières. « Outre l’entretien et la réparation des machines de nos clients, nous leurs proposons de les transformer pour mieux les adapter à leurs pratiques agricoles et au terrain où elles sont utilisées », explique Benjamin Leroux, fondateur de l’entreprise.

    « Le problème, c’est que chaque cas est unique. Il faut partir de la machine existante pour concevoir chaque nouvel équipement à l’aide du logiciel de CAO 3D Sphacélai d’Ansys. Mais qu’il s’agisse de machines récentes ou anciennes, on n’en possède pas les plans, de plus elles ont vécu, dont les châssis supports peuvent être déformés. Il faut donc relever les cotes manuellement, mais sur de tels équipements cela peut vite s’avérer fastidieux et peu précis. C’est pourquoi j’ai souhaité m’équiper d’un scanner 3D, afin de gagner du temps et d’éviter tous risques d’erreurs. Les machines agricoles étant souvent assez volumineuses, il était donc nécessaire pour moi d’avoir un scanner pratique et facilement transportable pour effectuer mes opérations de relevé 3D directement chez les agriculteurs, sans aucune contrainte logistique. »

    Pour cela, Agri Techni Concept a fait appel à l’antenne nantaise de CADvision, distributeur spécialisé depuis 1998 dans les logiciels CAO (SolidWorks, SpaceClaim, DraftSight…), les scanners (Artec, Solutionix …), et l’impression 3D (DeskTop Metal, Envision TEC, EOS, HP, Intamsys…). Le choix de Benjamin Leroux s’est finalement porté sur un modèle de scanner 3D professionnel Artec Leo, notamment pour sa portabilité et son autonomie, grâce à sa batterie, et sa forte capacité d’acquisition de données.

    Grâce à son écran tactile HD intégré, il est possible de visualisez en temps réel la numérisation à raison de 80 images par seconde, sans recourir à un ordinateur. De plus, sa lumière rouge structurée VCSEL (Vertical-Cavity Surface-Emitting Laser – diode laser à cavité verticale émettant par la surface) lui permet de fonctionner même en cas de forte luminosité. Enfin, il est capable de se réorienter seul avec précision au sein de son environnement, grâce à son système inertiel à 9 degrés de liberté (accéléromètre, gyroscope et boussole).

    Concevoir à partir d’une base propre

    Scanner avec une précision submillimétrique la partie de machine-support sur laquelle on va greffer un nouvel équipement, nécessite peu de temps. Généralement, l’opération ne prend que 2 à 3 minutes, mais peut aller jusqu’à 10 minutes si la machine est volumineuse et complexe. Une fois le support scanné, les nuages de points sont envoyés vers le logiciel de traitement de données Artec Studio, qui permet de produire, éditer et traiter des données 3D, quelle que soit la taille ou la résolution de l’objet.

    « Je travaille les nuages de points dans Artec Studio, afin de les nettoyer des différentes imperfections inhérentes aux relevés, pour avoir un fichier le plus propre possible, qui servira de base saine pour la CAO. » Une fois les scans traités, ils sont ensuite exportés dans vers logiciel de CAO SpaceClaim, pour recréer les pièces supports en 3D et concevoir les nouvelles pièces qui y seront parfaitement adaptées.

    De multiples réalisations

    Pour répondre au besoin d’un agriculteur qui souhaitait gagner du temps sur ses semis en modifiant les équipements de son matériel, Agri Techni Concept s’est déplacé directement au sein de l’exploitation pour voir la machine concernée par les modifications. Après avoir réfléchi aux différentes adaptations, ils ont finalement décidé l’installation d’un épandeur d’engrais et d’une bineuse, montés sur un système de relevage, dans le but de limiter le nombre de passage du tracteur. Le matériel servant de support a alors été scanné dans les moindres détails pour s’assurer que les équipements épousent parfaitement la machine.

    De même, afin de proposer aux usines agro-alimentaires des carottes des sables des Landes qui nécessitent un minimum de travail en entrée de chaine, les agriculteurs ont besoin de machines de récolte adaptées et performantes, notamment pour assurer, directement dans les champs, le nettoyage des carottes. « C’est pour satisfaire ce besoin que nous avons développé pour un agriculteur un nouveau module de nettoyage. Après numérisation 3D du châssis de sa machine de récolte, nous avons pu y adapter parfaitement ce module qui comporte un système à étoiles en caoutchouc où passent les carottes et enlève un maximum de sable, dès leur sortie de terre. »

    Une activité grandissante

    Si la plupart de ces machines-supports sont constituées de profilés rectilignes mécano-soudés, les engins de terrassement utilisent quant à eux des godets ayant des formes courbes évolutives, qui ne simplifient pas les relevés de cotes traditionnels. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes lors de la fabrication d’attaches d’adaptation. « Le scanner 3D nous permet d’effectuer ces relevés avec une précision submillimétrique, simplifiant la fabrication de pièces d’attache parfaitement adaptées aux machines. » Des usinages qui sont pour la plupart réalisés en interne et avec l’aide de quelques sous-traitants locaux, notamment pour la découpe laser.

    Cette activité de création de nouveau équipements pour donner une seconde vie aux machines agricoles de récolte de carottes et de pommes de terre, rencontre un vrai succès auprès des agriculteurs, qui peuvent ainsi disposer de machines plus productives à moindre coût. A tel point qu’elle représente maintenant la moitié du chiffre d’affaires d’Agri Techni Concept.

    « La numérisation 3D a donné un autre sens à mon travail, j’ai pu gagner en rapidité, mais aussi en précision pour proposer davantage de modèles qualitatifs », conclut Benjamin Leroux. Et cela lui a donné des idées, puisque Agri Techni Concept souhaite désormais étendre son activité en proposant des prestations de services de numérisation 3D, directement aux entreprises qui souhaitent optimiser elles-mêmes leurs processus de production.

    Jean-François Prevéraud

    Pour en savoir plus : https://www.cadvision.fr & https://www.artec3d.com/fr